Tout est provisoire

juste une minute

19 juillet 2008

Retour

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Ciel - 2008

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04 juillet 2008

Après-midi au sein d'une famille d'un village du sud de l'Italie

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Eredita (province de Salerne) - 2008

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10 juin 2008

Emergenza Rifiuti

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Naples - 2008

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04 mars 2008

Jouer

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Somme - 2007

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15 juin 2007

Début d'après-midi

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Paris - 2007

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29 janvier 2007

Cat Stevens, et tout ça

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Arcueil - 2007

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18 janvier 2007

A (si) peu de choses près

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Paris - 2007

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13 octobre 2006

Automne à Paris

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    Je suis partout à la fois, dans un quotidien de retours. D'une part l'ombre de nos vies. Là-bas les malades sont toujours aussi malades, leurs pathologies toujours aussi irréelles, et les étudiants toujours aussi désespéremment médecins. Et puis il y a le reste des retours, où les trains toujours mystérieux survolent des SDF toujours aussi dimanche soir, et Paris encore jamais.
    Certains retours je n'ai pas l'impression de les avoir achevés. Internet, piano. Sur mon bureau le désordre de mon absence.

    Les choses sont tellement compliquées avec Otoño en París. Et puis je prends de mauvaises habitudes dernièrement. Je soupire, je vieillis. Je mets une bande originale à ma vie. Pourquoi les films sont-ils les moments les plus pénibles de la vie? Je lui chuchote en espagnol que je ne veux pas qu'elle s'en aille, comme elle l'a fait en me chassant. Tout ça ne nous mijote qu'un photographe qui nous sourit, place Dauphine. Mais c'est trop. Trop quai de gare, trop vent du soir. Notre histoire est trop automne à Paris.

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Paris - 2006

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17 septembre 2006

Sans titre

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Paris - 2006

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30 juillet 2006

Nous étions lycéens

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La route que j’aime et nos lunettes de soleil. Nos coiffures ont changé sur nos yeux endurcis, son corps est musclé et son rire a le mouvement d’un enfant. N. réussit dans la vie, sera bientôt sûrement riche, aime ceux qui l’entourent, ne se prend pas la tête. Il ne connaît pas le départ, il a encore peur de beaucoup de choses et se débat de la vie s’accrochant à ce qu’elle est sur le point de lui faire perdre. Tandis qu’il me parle je le vois bientôt souffrir et je le vois se faire adulte. Son chemin, son autoroute. Sa sortie est-elle plus proche que la mienne, ou roule-t-il plus vite ? Il caresse ses surprises, les miennes ne sont qu’après l’horizon. C’est un détail mais nous découvrons l’un et l’autre notre connaissance du suc parfumé des sciences fondamentales. Commentaire envolé, pendant qu’elle dort.

S. est libre et ne comprend pas pourquoi le monde se devrait d’être compliqué. E. préfère lui faire croire qu’elle ne comprend pas que le monde soit compliqué, c’est peut-être la seule certitude qu’il ait. Mais elle s’en fiche et sort se sentir seule. Nous nous rejoignons parfois dans cet amour à cultiver ce que nous ne serons pas.

E. sait, lui, et cultive tout autre chose. P. ne cultive rien du tout et son immobilité le fait vivre parce qu’il est fort. Il est drôle. Il est très espagnol, dur et tendre, m’accueille avec amitié et est silencieux pour qui sait l’entendre. Son amitié avec S. est insolite, tissée du lien que nourrit la différence. Curieux couple, Belle et Bête s’échangeant pêle-mêle leurs costumes dans un bal privé, petits souliers au propriétaire incertain dansant sur le pied de l’autre qui le soutient. Il parle de lui, se confie le soir sur la plage.

C. est sec, on le sent s’éloigner dans un sourire, tituber dans son humour absurde. Il devient un homme distant mais peut toujours compter sur E., c’est son meilleur ami.

N. sort secouer la nappe. Nous avons mangé ce que chacun a préparé, mosaïque de couleurs pour le palais, avec ce qu’on a, à s’affairer dans la cuisine chacun derrière son idée. L’herbe est sous le soleil, la maison est grande. La nappe bat doucement des ailes le léger vent des plaines désertes qui entourent le village. Elle est étudiante en médecine. Nous discutons, nous sourions. Le soir tellement de fois bonsoir avant de continuer à discuter. Je suis étudiant en médecine mais ce n’est qu’un détail. C’est intriguant pour les autres, et les questions fusent, choses qui font plaisir, choses qu’il faut supporter. Il naît notre étrange pouvoir.

Se retrouver me donne le goût d’une ville. Voyager distille nos bagages pour ne garder que nos âmes. Les photos ont changé, c’est brusque, ce n’est pas un film ce sont des retrouvailles. Chacun se mène plus loin. Je rêve à me réserver un étonnant plus loin. Je rêve à pouvoir perpétuer nos distillations à des kilomètres de vies, des lieues de regards et des coulées de surprises. Devenir étranger.

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