15 avril 2006

Futurs assassins

 La mort. L’angoisse.  L’air de rien, autour de quelques verres un vendredi soir, quelques étudiants en médecine passant une bonne soirée, avec une étudiante de commerce qui les écoute quand ils discutent médecine, commencent à en parler, d’un air détaché. "J’ai eu ma première mort.". Le substantif dédaigneux comme s’il s’était agi d’une piqûre, d’une prise de réflexe ou d’un souffle cardiaque. Le substantif familier du code, de ce qui est désigné du doigt sur un papier feuilleté pendant les... [Lire la suite]
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08 avril 2006

Un Corps

Dans les couloirs ils vont, main dans la main. Elle le prend pour son mari, il marche, dans les couloirs, main dans sa main.C'est l'hôpital. Dans ces couloirs et à leur âge c'est de tendresse qu'on parle. On voit des rides et des petits pas feutrés.Dans la chambre, lorsque l'aide-soignant entre, il trouve leurs deux corps dans le lit. Elle est au-dessus de lui, plus vivante que jamais, flagrant délit. Il reste là, bouche bée. Elle sort du lit, sans se rhabiller:"Vous prendrez bien l'apéritif avec nous?"
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09 février 2006

Coup de sifflet

Station Pont de Neuillyoù descendent toutes les blondes élégantes
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19 octobre 2005

Restaurant

    Autour d’une petite table contre un mur où un miroir est suspendu, peut-être côtoyant une ardoise marquée de vins et de plats du jour, chaque assiette arrive, en face de soi, désignée à chacun comme la petite aventure qui lui a été donné de vivre au cours de ce repas : chaque plat comme une vie éphémère qui fait trois petits goûts et puis s’en va, dans un monde de trois petits bouts de pain, trois petites larmes de vin, trois petits rires et trois petits sourires délicats.      Au-delà des... [Lire la suite]
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13 octobre 2005

Miroir déformant

La chemise est bien boutonnée. Les lunettes à monture noire épaisse sont rangées, c'est la première fois que je le vois avec des lentilles.Le cours va commencer et à la porte du haut je le croise, un tantinet nerveux, aussi agité qu'il le laisse transparaître. Il ne veut pas entrer tout de suite, préfère attendre le dernier moment pour descendre les marches devant tout le monde - Pourquoi ne suis-je pas entré par le bas? - quand il laissera entendre malgré lui qu'il est là, qu'il marquera malgré lui sa présence sérieuse, tout... [Lire la suite]
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15 septembre 2005

Hôpital de nuit

Ici c'est différent; ici c'est Paris. A. est SDF et a l'âge de mon père. Quand nous sortons de sa chambre il veut que l'on laisse la porte ouverte. Je lui demande si la lumière du bureau infirmier ne le gêne pas il me répond que non. Sans doute y tient-il à cette lumière. Lorsque l'on sort de sa chambre ses yeux se plissent de reconnaissance. Alors que je suis devant la porte de son voisin, préparant les affaires, je l'entends murmurer dans son noir. Des paroles étranges que sa barbe étouffe, qui s'entrechoquent sur ses draps.... [Lire la suite]
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15 septembre 2005

Dans un dédale de couloirs et d'étages

Beaucoup de sourires échangés dans ce travail. Des sourires qui traversent les couloirs et les étages. En rentrant dans l'ascenseur pour quitter les urgences, elle lève les yeux et dit Vous êtes beau avec vos cheveux bouclés. Ce jour-là je l'ai laissée en radio et je n'en sais pas plus.
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04 septembre 2005

Une nuit

Au balcon une cigarette résiste encore à mon arrêt et dépose son goût oublié d'hiver dans le ciel d'août, transformant la rue pour la réduire en ce petit escalier à la sortie de la fac, m'enfermant entre deux séances d'amphi, dans une prison, dans un corridor allongé, dans Paris inconnue et hostile, dans la méchante solitude d'une masse qui ne fait que s'envoler en fumée et tambourine son éternel retour. Je rentre et j'allume mon clavier pour y marteler un dose de désespoir. Ce soir c'est tout ce que je sais faire et j'y mets... [Lire la suite]
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25 août 2005

Dans un dédale de couloirs et d'étages

Elle n'a plus de cheveux et elle aime parler. Dès qu'on est sortis de sa chambre aux urgences on a parlé de son mari, du temps que ça fait qu'ils sont ensemble, de leur rencontre. Le chemin n'est pas trop court, on continue la discussion parmi les couloirs. Ma famille, mon mi-pays. Elle n'avait pas tellement le temps de voyager quand elle travaillait, mais ça ne la gêne pas. Et puis il faut attendre que la porte de l'examen s'ouvre, ça nous laisse encore un peu de temps. Elle rentre. Je pars. Je reviens la raccompagner. Il... [Lire la suite]
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02 août 2005

Calles limeñas

    En rentrant de la petite rue aux commerces nous passons devant une de ces belles maisons. Ses fenêtres teintées me regardent comme de vieilles Ray-Ban. Je comprends alors pourquoi je me sens si près de sa porte: il n'y a pas de grillage. Ça m'étonne. Ici, en plus du garde dans chaque rue, les maisons sont inlassablement protégées par de puissantes grilles couvrant toute ouverture, et pointant vers le ciel divers artefacts tranchants et électrifiants. Or cete maison en est dépourvue. Je lui en fais la remarque. Il me... [Lire la suite]
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